Darren Fletcher

UTD Podcast: Darren Fletcher nous raconte tout

Dans ce troisième épisode, Darren Fletcher révèle comment les critiques de Roy Keane l'ont aidé à devenir un joueur et un homme.

Durant cet épisode fascinant, à retrouver sur toutes les plateformes de téléchargement, Fletch nous raconte sa relation avec l'ancien capitaine des Red Devils.

L'ancien joueur encense l'ancien n°16 et nous explique l'influence primordiale qu'il a eu dans sa carrière. 

 

Il y a eu, bien sûr, Roy Keane et son interview à  MUTV. Maintenant, nous ne l'avons pas vu et nous ne savons pas ce qui a été dit, mais, apparemment, il y a eu une réunion d'équipe où vous l'avez tous regardé et qu'il vous a mis en évidence. Il en a parlé récemment. Vous pensiez que c'était juste ?
“Tout d'abord, il faut parler des gros titres qui en sont sortis... Roy Keane a regardé le match et a donné le point de vue d'un analyste, de sorte que certains des mots qu'il a utilisés étaient en référence à une action dans le jeu. Par exemple, s'il parlait de la défense de quelqu'un sur le moment, il l'appelait ”défense paresseuse“ et le titre du journal était : ”Roy Keane traite ce joueur de“paresseux”, donc je pense qu'il a été mal interprété en grande partie. Pour moi, j'ai vu ce qu'il a dit au sujet d'exemples dans le jeu, à savoir que ce n'était pas assez bien pour moi, et il avait tout à fait raison. C'était Roy Keane qui me mettait au défi en tant que capitaine de Manchester United et c'était une chose à laquelle j'étais habitué dans le vestiaire. Bref, je savais que Roy Keane m'aimait bien et c'était sa façon de montrer qu'il m'appréciait, parce qu'il savait que j'étais capable de plus et qu'il voulait me défier. Il disait'oui, j'ai été un peu dur avec Fletch, mais c'est parce que je l'aime bien et que je veux qu'il réussisse'. Ça ne m'a pas dérangé personnellement. Mais je comprend pourquoi Sir Alex Ferguson avait un problème avec l'interview. La vérité est sûrement entre les deux. Ce n'est pas aussi grave qu'on le pense, mais, en même temps, un coach devait prendre une décision en fonction de ce qu'il juge être le mieux pour l'équipe. C'est quelque chose qui a traîné autour de moi pendant longtemps, le fait que Roy Keane ne vous aimait pas et ne vous a pas calculé. Mais pour moi, c'était tout le contraire. Je savais que Roy Keane m'aimait vraiment. Il m'a défié et a été dur avec moi, à 100%, mais c'était sa façon de faire de moi un joueur de Manchester United, en se montrant à la hauteur. La personnalité et le leader que je suis devenu viennent de ces bases et de cette éducation.

C'était frustrant ? Je suppose que certaines personnes devaient penser comme Roy, que Darren n'allait pas s'en sortir, et cela arrive à certains fans, qui pourraient penser 'bien si Roy ne le calcule pas, alors pourquoi devrions-nous...'.
C'est ce qu'il s'est passé. Des gens viennent me demander ce que je pense de Roy Keane. J'adore Roy Keane ! Mon père, Roy Keane et Sir Alex Ferguson sont les trois plus grandes influences sur ma carrière. Ils m'ont aidé. Ce qu'il y a de bien avec Roy Keane, c'est qu'il t'a venir te parler, une fois sur dix il sort le classique Roy Keane, où il s'en prend à vous, vous le fait savoir et est très dur avec vous. Et les neufs autres fois il va vous faire un compliment, mais personne ne le voit ou veut le savoir parce que ce n'est pas une bonne histoire à raconter. C'est comme ça que je me souviens de Roy Keane, qui a été fantastique avec moi. Sortir du terrain avec lui me disant 'bien joué fils, je pourrais jouer encore 10 ans avec toi à mes côtés au milieu'. Il n'a jamais dit ça à personne. La confiance que j'ai eue de ces paroles de Roy Keane l'emportait largement sur la poignée de fois où il m'a attaqué, à juste titre, parce que mon niveau n'était pas celui d'un joueur de Manchester United, ce qui est parfaitement normal.

 

Cela en dit long sur vous parce qu'il sait que votre personnalité n'a pas besoin d'un grand massage de l'ego et que quelqu'un vous gonfle. Il savait que vous étiez capable d'accepter la critique. Il n'allait pas critiquer quelqu'un qui ne peut pas le supporter, n'est-ce pas ?
“Sans aucun doute et je le savais ! Je l'ai toujours vu comme quelqu'un qui m'aimait bien, qui me mettait au défi et qui essayait presque de construire, pas le prochain Roy Keane, mais ce genre de mentalité et c'est ce qu'il faut pour jouer pour Manchester United. J'étais jeune, il fallait que je grandisse tous les jours, on était là pour gagner. Il parlait de partir en guerre. Toutes ces choses, c'est ce qu'il voulait et il voulait que tu réalises où tu es. Beaucoup de gens parlent de jouer pour Manchester United et ils vivent dans les nuages, ils rêvassent, mais il n'y avait rien de tout cela avec Roy Keane et j'ai pris ça comme un compliment, parce que j'étais quelqu'un qui pouvait le supporter et je l'ai toujours très bien géré. Oui, il y a eu des moments où il s'en prenait à vous et où vous étiez un peu déprimé, mais le lendemain, il était là pour vous rebooster et vous faire un compliment.”

Compte tenu de votre plaisir de jouer avec lui et de l'influence qu'il a eue sur vous, qu'avez-vous ressenti lorsque cela a pris une telle ampleur et qu'il a été contraint de quitter le club ?
“J'étais triste, tout le monde était affecté, même Sir Alex Ferguson. Il était respecté et aimé de tous, beaucoup on apprit de ce grand joueur. Oublier le leader. Quel joueur incroyable ! Les meilleures touches de balle, du jamais vu et un passeur incroyable. Quand les gens parlent de talent, ils pensent directement, aux gestes techniques. Le talent est incarné par Roy Keane. Il ne faisait pas de dribble, mais il était le joueur le plus dominant sur le terrain et mettait son coeur et sa hargne à chaque match, il pouvait passer à travers un mur de briques, avait une endurance à toute épreuve, contrôlait et doutait le tempo comme personne. Pour moi c'est ça le talent. Les gens parlent du talent, comme quand vous voyez quelqu'un faire un tour ou un peu de fantaisie, et ils disent ”il est vraiment talentueux“ mais cela ne veut rien dire si vous n'avez pas ces autres choses. Je pense que tout cela a été oublié maintenant, sans aucun doute. Bien sûr que oui. Nous sommes dans une génération de Twitter, YouTube et de clips de 12 secondes. Plus personne ne regarde un match pendant 90 minutes et comment quelqu'un peut contrôler et dominer un match, et presque influencer un match avec sa personnalité et sa volonté. Nous n'avions pas seulement Roy Keane qui pouvait le faire, nous avions toute une équipe qui pouvait le faire et, pour moi, c'est pourquoi nous avions la meilleure et la plus talentueuse équipe autour de nous.”

 

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