Robin Van Persie volleys the ball

UTD Unscripted: Ce but était un rêve

Je suis venu à Manchester United pour gagner la Premier League.

Quand le moment vient, quand tu sais que tu as réussi, le sentiment est très spécial.

Il suffit de fermer les yeux, de lever les bras et de ne ressentir rien d'autre que du pur plaisir.

Cela fait presque sept ans que j'ai déménagé à Old Trafford, mais quand je regarde en arrière, je me souviens que c'était incroyable dès le premier jour. Je suis arrivé assez tard dans le mercato, je crois que je suis arrivé le vendredi, puis le lundi, c'était le premier match contre Everton à l'extérieur. C'était bien, j'ai eu quelques entraînements mais ensuite, évidemment, ce n'était pas idéal de perdre mon premier match.

Après cela, la semaine suivante, j'ai joué mon premier match à domicile, contre Fulham, où j'ai marqué un beau but. C'est toujours bien, de gagner son premier match à domicile et de marquer aussi. C'était tellement excitant parce qu'on ne sait jamais dans quelle direction cela va aller dans un nouveau club, et marquer plus tôt que tard a été formidable pour moi.

Je pense que mon âge est en grande partie responsable de mon installation rapide. J'avais déjà joué pendant huit ans en Angleterre, alors je me suis habitué à ce style de jeu. Pour United, il ne s'agissait pas de faire entrer un jeune joueur. J'étais habitué à l'Angleterre et à la façon dont les matchs étaient joués. Bien sûr, ce n'était pas facile parce qu'il faut s'adapter à ses nouveaux coéquipiers, etc., mais c'était plus facile qu'à l'époque où je suis arrivé à Arsenal huit ans auparavant. C'était une nouvelle langue à apprendre, un nouveau pays, donc c'était plus difficile.

déclare

En arrivant à United, je suis arrivé dans une équipe où il y avait cinq ou six joueurs très expérimentés.

Carrick. Vidic. Scholes. Ferdinand. Giggs. Des joueurs comme ça !

C'était un plus pour moi aussi parce qu'à Arsenal j'étais un des plus vieux joueurs et quand on est un peu plus vieux, il y a d'autres choses qui viennent dans votre direction aussi. Je n'ai pas vraiment eu besoin de faire grand-chose en dehors du terrain pour que les choses se passent bien à United, parce que tout était déjà en place. Les joueurs plus âgés, qui ont beaucoup d'expérience, fixaient déjà les normes, donc en gros, je pouvais venir, profiter de mes entraînements et des matchs et tout était très bien organisé par Sir Alex Ferguson. René Meulensteen faisait les séances, les joueurs plus âgés s'assuraient que sur le terrain et en dehors, les niveaux restaient intacts, donc de cette façon, c'était vraiment bien pour moi ; je n'avais pas à me soucier de beaucoup d'autres choses.
Je n'avais pas à me soucier de beaucoup d'autres choses. 

Il fallait juste que je m'amuse, vraiment.

C'est ce que j'ai fait.

Je crois que j'ai marqué 26 buts en championnat à la fin de la première saison, mais je dois reconnaître que mes coéquipiers m'ont facilité la tâche. Il est toujours très difficile pour les joueurs derrière de trouver l'attaquant parce que chaque passe que vous leur donnez doit être à la bonne vitesse, au bon moment, et j'ai eu beaucoup de très bonnes passes cette saison-là. Il n'y avait pas que moi qui marquais les buts ; derrière tous les buts, il y avait des passes incroyables qui les faisaient arriver. Mes coéquipiers étaient incroyables et ils me cherchaient vraiment, ils voulaient vraiment me passer le ballon, ils étaient vraiment contents que je marque.

déclare

C'est tellement agréable pour un attaquant de savoir qu'un ballon peut arriver.

Ce n'est pas que chaque balle doit arriver à moi ou quelque chose comme ça, c'est juste le sentiment, quand vous faites une course, que vous savez que sur cinq courses, trois ballons vous trouveront. Surtout quand vous avez des coéquipiers comme moi.

Par exemple, vous vous souvenez de la passe de Giggsy à West Ham en FA Cup ?

On était mené 2-1. Le ballon arrive à Giggsy, probablement à 50 ou 60 mètres de moi. C'est loin mais quand Giggsy a le ballon, je sais que je peux commencer ma course correctement. Je peux vraiment y aller, parce qu'il y a de grandes chances qu'il me trouve.

C'est ce qu'il a fait.

J'ai eu une bonne première touche, une touche supplémentaire, puis un but, et on a arraché le replay. Nous n'avons pas gagné la Coupe, ce qui est dommage, mais c'était quand même un moment spécial. Le travail d'équipe permet de réaliser le rêve, comme on dit, et surtout cette saison-là. Notre jeu venait de derrière match après match, mais nous avons quand même été sacré champions à quatre matchs de la fin, et cela vous raconte toute l'histoire. Mentalement, nous avons été tellement concentrés pendant toute la saison.

On se disait : “On va gagner ce championnat.”

Même quand on encaissait des buts dans un match, ce n'était pas un problème. On était calme. On va revenir.

déclare

C'était la façon de penser de Ferguson. Peut-être que les adversaires marqueront contre nous. Cela peut arriver. C'est ça le football. Mais nous devons juste sortir et continuer à attaquer jusqu'à ce qu'on marque un autre but, au moins. C'est ainsi que nous avons vu le football. C'est comme ça qu'il faut voir le football. Dans les matchs, vous pouvez accepter que parfois les adversaires puissent marquer contre vous. Et alors ? Il suffit de sortir, de continuer à jouer et de marquer un autre but.

C'était Ferguson, mec.

Il était constamment comme... “Faîtes-moi plaisir, jouez votre jeu, croyez en vous, aidez-vous les uns les autres.” L'esprit d'équipe était si fort cette saison-là.

Il y a eu tellement de moments spéciaux en cours de route, mais le plus spécial a probablement été la nuit où nous avons remporté le titre contre Aston Villa. Quand je repense aux meilleurs moments de ma carrière, cette nuit-là se classe très haut.

City avait perdu contre Tottenham la veille, une victoire contre Villa et on gagnait le championnat. Comme je l'ai dit plus tôt, je suis venu à United pour gagner la Premier League. C'était le moment pour le faire. On avait l'impression de jouer une finale. Le matin avant le match, on pouvait voir sur les visages de tout le monde : c'est aujourd'hui que ça doit se passer. Même si on perd, il nous restera quatre autres occasions, mais nous voulions le faire ce soir-là, devant nos propres fans. C'était parfaitement organisé. 

J'ai marqué le premier but au bout de deux minutes, sur un tap-in d'une autre passe de Giggsy, alors vous savez...

Ok, aujourd'hui va être une bonne journée.

Vous voyez ce que je veux dire ? C'est juste ce sentiment tout de suite. Le premier but est marqué, puis je pouvais le sentir, nous étions en contrôle total. Et quand vous regardiez le visage des adversaires, ils savaient qu'il n'y avait rien à prendre. Pas cette fois.

déclare

Avant le match, Wayne et moi avons eu une petite discussion sur le terrain, et nous avons parlé de jouer derrière la défense de Villa. C'est là qu'on peut faire mal à l'adversaire : derrière. Quand vous avez des joueurs comme Wayne, Carrick, Scholesy - bien qu'il n'ait pas beaucoup joué cette saison-là - Shinji, des joueurs comme ça, de ce calibre, de ce niveau, vous savez qu'ils vous trouveront. Tôt ou tard, ils vous trouveront. C'est juste un très bon sentiment. C'est encore plus important que d'avoir tout le ballon ; c'est un sentiment que sous tous les angles, ils peuvent vous trouver. C'est pour cela que la croyance est toujours là. Tôt ou tard, ils me trouveront, donc vous restez toujours positif, parce que vous savez que le moment viendra.

Avant le match, Wayne et moi avions donc parlé de la passe au-dessus de la défense de Villa. Nous avions aussi travaillé sur ce point à l'entraînement. Il y a cependant quelques choses qui doivent se mettre en place, à partir du moment où Wayne frappe la passe.

D'abord, il faut créer son l'espace.

Ensuite, quand vous avez enfin votre espace, vous devez compter vos pas, parce que si mon dernier pas est trop grand ou trop petit, je ne peux pas vraiment me connecter correctement.

Je dois jeter un coup d'œil rapide pour voir approximativement où la balle va aller.

Puis, juste avant de la frapper, je dois jeter un autre coup d'œil parce que je sais déjà où se trouve le but.

Bien sûr, la passe doit aussi être bonne.

C'est comme un coup de golf, mais vous le faites en courant. Il faut que cinq ou six choses soient exactement correctes à la fois : la passe, le mouvement, les pas, la connexion, la direction. Il faut aussi avoir un peu de chance, car si une chose est légèrement décalée, la balle n'entre pas.

Tout s'est mis en place à ce moment-là.

On s'entraîne, on planifie, mais quand ça arrive dans un match comme ça, c'est ce dont on rêve.

Robin van Persie celebrates with the team-mate who created his amazing second goal against Aston Villa, Wayne Rooney.
Rooney et Van Persie célèbre le deuxième but contre Aston Villa.

Pour moi, ce but était un rêve.

D'ailleurs, marquer un triplé le soir où on gagne la Premier League, c'est aussi un rêve ! Quelques minutes plus tard, Giggsy m'a encore trouvé parfaitement. Cette fois-ci, le ballon a tapé le poteau, mais il est rentré. C'est une de ces soirées, quand tu tir, tu sais que tu peux frapper parce tout finira bien.

Après ça, il ne restait plus qu'à voir le match parce que le troisième but a été marqué après une demi-heure. Le match était terminé, fini. Nous sommes là, il faut juste voir ce qui se passe. Nous l'avons fait et c'est aussi une qualité : ne pas laisser l'adversaire marquer, juste garder le ballon, bien le passer et puis on revient à l'expérience aussi parce que nous avions tellement de joueurs expérimentés qui savaient comment gérer une situation comme celle-là. Nous avons très bien joué, très solidement.

Comme toute la saison, c'était un grand travail d'équipe. Tu ne peux pas tout faire seul, vous le faites tous ensemble et c'était une saison où chacun a joué son rôle. Toute l'équipe a contribué, pas seulement les joueurs qui ont le plus joué, parce que nous avions des joueurs comme Chicharito. Il n'était pas toujours titulaire, mais il a fait la différence quand il est entré en jeu, comme plus tôt dans la saison à Chelsea. 

Les joueurs qui ne jouaient pas chaque semaine, ils étaient très importants cette saison-là. On l'a fait ensemble et chacun avait son rôle à jouer. C'est ce que j'aime : que tout le monde en fasse partie et que tout le monde ait un bon feeling. Tout s'est mis en place. Il y avait un bon esprit d'équipe, beaucoup d'humour dans l'équipe au quotidien, mais quand nous devions nous entraîner ou jouer, c'était très sérieux, très professionnel. Tout était exactement comme il faut.

Nous avions travaillé si dur toute la saison qu'on ne pouvait pas laisser passer ça. On était trop proche de tout ce pour quoi on a travaillé. Alors, quand le coup de sifflet final est donné contre Villa, on a mérité ce moment.

Il suffit de lever les bras, de fermer les yeux et de profiter de cette sensation.

On a réussi.

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